Cette semaine, sur une radio très connue, j’ai entendu une chroniqueuse qualifier le bilan de compétences de « truc qui ne sert à rien », réduit à « des questionnaires bidon » et à une dépense inutile
- JB Sabourin

- 30 janv.
- 2 min de lecture
Quand ces propos sont tenus sur une antenne à forte audience, à une heure d’écoute importante, ils ne sont pas anodins. Ils envoient un signal. Un mauvais signal. D’abord aux personnes en questionnement professionnel, déjà fragilisées, parfois en perte de confiance, qui peuvent alors se dire que leur démarche n’a aucune valeur. Ensuite à un dispositif essentiel, au moment même où l’État envisage de restreindre son financement via le CPF. Quelle image cela donne-t-il d’un accompagnement pourtant déterminant pour des milliers de parcours ? Oui, certains dispositifs peuvent être perfectibles. Oui, certaines pratiques méritent d’être questionnées. Mais parler d’un accompagnement en évolution professionnelle sans en connaître la réalité du terrain, c’est raconter n’importe quoi. Un bilan de compétences – ou ce que j’appelle aujourd’hui un point carrière – n’est pas une suite de questionnaires. Ce n’est pas une plateforme. Ce n’est pas un document final. Quand il est sérieux, il est profondément humain. Il permet de : • comprendre un mal-être • remettre de la clarté là où tout est confus • retrouver confiance et capacité à se projeter • reprendre la main sur sa trajectoire professionnelle Sur le terrain, je le vois chaque jour : le vrai blocage n’est pas l’outil. C’est le doute. La peur. La dévalorisation de soi. Réduire tout un métier à une caricature, c’est méconnaître l’engagement de centaines de professionnels formés, expérimentés, responsables, qui accompagnent avec éthique et exigence. Quand on ne sait pas de quoi on parle, on ne décrédibilise pas un dispositif aussi structurant. On se renseigne. On nuance. On respecte. Parce que derrière ces accompagnements, il y a des personnes qui cherchent simplement à ne plus subir leur vie professionnelle.




Commentaires